Cap Danse / Première / Spectacle /

Le rebond du ludion

Sylvain Prunenec · Association du 48

En partenariat avec la ville de Concarneau

samedi 23 septembre - 18:00

CONCARNEAU · Carré des Larrons

Événement passé

Dans un débitmètre – appareil qui permet de mesurer le débit d’un fluide dans une machine industrielle – il y a un ludion. Ce ludion est une sorte de flotteur qui monte ou descend dans la colonne graduée en fonction de la pression exercée par le fluide dans le « système ». 

Le ludion est aussi un danseur dans les jeux de la Rome antique. Par sa danse et les imitations ironiques qu’il fait du guerrier, de l’orateur ou de l’artisan dont il détourne les attitudes et les gestes, il se joue des postures sociales et hiérarchiques de la société, du « système ».  
  
Le ludion bondit, rebondit, du théâtre antique à la machine industrielle, de la précision d’un geste du travail à la fantaisie du même geste détourné, réinventé. 
  
Après plusieurs temps d’immersion aux alentours de Concarneau – Musée de la pêche, conserverie Gonidec – et des rencontres avec des ouvrières œuvrant ou ayant œuvré dans le secteur de l’agroalimentaire, Sylvain Prunenec imagine avec Ryan Kernoa et Angèle Prunenec une performance chorégraphique, musicale, poétique, en forme d’hommage aux femmes et aux hommes qui travaillent à l’usine et dont l’activité professionnelle, souvent répétitive, parfois pénible, est peu reconnue au sein de notre société.  
  
Ainsi, Le rebond du ludion évoque certains procédés à l’œuvre dans le secteur de l’industrie – notamment agroalimentaire : la maintenance comme science des défaillances ; la mise en route d’une machine industrielle fictive ; la recherche d’un meilleur rendement de la production et les conséquences réelles, possibles et imaginaires de toutes ces actions sur les corps des personnes au travail…  

Danse, voix et textes : Sylvain Prunenec
Voix : Angèle Prunenec
Musique : Ryan Kernoa

Avec le soutien de la fondation Syndex
Sylvain Prunenec est artiste associé à Danse à tous les étages

www.a48.fr/

À propos de l'association du 48

L’association du 48 a été fondée par le danseur Sylvain Prunenec en 1994 à Paris. Depuis plus de 25 ans, elle développe, selon l’intitulé de son objet social, la création, la diffusion, la captation sur support vidéo ou film de spectacles chorégraphiques ainsi que l’enseignement de la danse contemporaine sous forme de cours ou de stages. 
 
Il s’agit principalement de la création et de la diffusion des projets de création de Sylvain Prunenec mais pas seulement. L’association du 48 est devenue au fil du temps – et des conjonctures aussi – un espace de rencontres avec d’autres artistes d’autres champs (littérature, musique, poésie sonore, vidéo, arts plastiques etc.) et un espace de mutualisation et d’invention de commun, notamment dans le partage avec Dominique Brun, chorégraphe, de la direction artistique de l’association du 48 entre 2014 et 2019. En 2020, l’association du 48 a intégré l’activité de la chorégraphe Raphaëlle Delaunay, de la vidéaste Sophie Laly et de la comédienne Emma Morin. La première pour des raisons à la fois artistiques et de mutualisation économique. Pour les deux autres, parce qu’elles sont impliquées dans le projet 48ème parallèle, un projet aux multiples déploiements (spectacle, interventions dans l’espace public, projet d’installation vidéo, etc.). 
 
Ce fonctionnement est un état d’esprit, animé par des valeurs de partage et de rencontre. Il est constituant de la démarche artistique de Sylvain Prunenec. L’autre, l’altérité, le dialogue, l’entre-deux, sont des principes qui activent la création et sa capacité d’invention. Ses collaborations avec des artistes de divers champs sont pour lui une occasion de questionner sa propre pratique artistique : les écrivains Mathieu Riboulet ou Célia Houdart, le poète sonore Anne-James Chaton, la peintre Françoise Petrovitch, les plasticiens Clédat & Petitpierre, etc. 

À propos de Sylvain Prunenec

Sylvain Prunenec, danseur, a été interprète pour Odile Duboc, Dominique Bagouet, Trisha Brown, Boris Charmatz, Christian Rizzo, Deborah Hay, Olivia Grandville, Fanny de Chaillé, Dominique Brun. 
Depuis 1995, au sein de l’Association du 48, Sylvain Prunenec crée ses propres pièces. Ces créations l’amènent à collaborer avec des artistes divers : le poète Anne-James Chaton, l’écrivain Mathieu Riboulet, les plasticiens Clédat & Petitpierre, le vocaliste-improvisateur Phil Minton, le metteur en scène Éric Didry, le compositeur Sébastien Roux, la peintre Françoise Pétrovitch…  
Parmi ses créations, on peut citer : Gare ! un solo sur les thèmes de l’amour, de la pulsion criminelle et de l’extase sexuelle (2011) ; Le cas Gage ou les aventures de Phineas en Amérique (2012) ; Vos jours et vos heures, inspirée du roman Les vagues de Virginia Woolf (2015) ; Zugunruhe, état d’agitation avant la migration (2017). 
En 2012, il obtient une bourse du Centre National de la danse pour une recherche sur les états de conscience qui traversent le danseur quand il danse. De cette recherche est issu le solo Le fil (2018).  
En 2019, il effectue une traversée de cinq mois du continent eurasien au cours de laquelle des danses sont proposées sur des places publiques aux passants. De cette expérience est tiré 48ème parallèle, un projet de création avec la vidéaste Sophie Laly et le musicien Ryan Kernoa (2021).  
En février 2020, au Centre Georges Pompidou à Paris, est créée la pièce Simplement se laisser pousser les animaux, en collaboration avec Françoise Pétrovitch.  
En juin 2020, il crée, en collaboration avec Sophie Laly et Ryan Kernoa, Être milieu des milieux, pièce pour des espaces de nature.  
Il travaille actuellement avec Ryan Kernoa sur un projet de traversées performatives de villes (Bordeaux, Brest) impliquant des habitants. 

À propos de Ryan Kernoa

Ryan Kernoa est guitariste et compositeur. Il compose de la musique pour le théâtre, la danse contemporaine, la radio ou des films, principalement en France. 
Guitariste du groupe de rock noise Kourgane, Ryan travaille sur les multiples possibilités dramaturgiques de la musique et du son avec la danse, la poésie ou le théâtre. 
Au cœur de sa pratique, il est question de la relation entre la voix et la musique, la perception du son dans l’espace et l’épaisseur du son, l’amplification, la spatialisation. Depuis 2022, Il développe un travail sur les sifflements (acoustiques et amplifiés) et plus largement sur les rapports entre signal, communication sonore, musique et environnement. 
En tant qu’instrumentiste, il joue en solo sur une guitare ténor américaine des années 50 et propose une exploration des techniques du tapping qui produit une musique minimale, répétitive, polyrythmique, quasi pianistique.  
Il crée et joue avec l’autrice Pascalle Monnier une lecture-concert intitulée Touché d’après son livre éponyme paru aux Editions POL. Depuis 2021, il conçoit des projets chorégraphiques et sonore avec le danseur chorégraphe Sylvain Prunenec autour de la relation Corps, Sifflements et Paysage. Il dirige la compagnie association du 48 qui produit ses projets avec Sylvain Prunenec.  

À propos d'Angèle Prunenec

Après avoir travaillé dans le milieu des bibliothèques et de la lecture publique au sein de diverses structures, Angèle Prunenec oscille maintenant entre médiation culturelle et expression artistique.  
Sous la direction de Françoise Lebeau, elle est chargée de la coordination de production de spectacles vivants au sein de la structure Lebeau & Associés et participe activement au développement des activités de FAR WEST, galerie et lieu de résidence d’artistes en création à Saint-Guénolé en Bretagne.  
Depuis son adolescence, elle performe auprès de divers artistes et dans divers dispositifs : en 2008, dans le projet The Host and The Cloud de Pierre Huyghe au Musée des Arts et Traditions Populaires ; en 2015, dans la création de Vos jours et vos heures, spectacle de Sylvain Prunenec d’après Les vagues de Virginia Woolf ; En 2018, elle participe à la lecture marathon Elle regarde passer les gens de Anne-James Chaton au sein de l’Association des bibliothèques en Seine-Saint-Denis ; en 2020, au sein de Compusory figures de Xavier Veilhan et Stephen Thompson ; et la même année, elle est invitée par Jacques Gamblin à rejoindre l’équipe de Relations durables pour une soirée carte blanche au Pont des Arts à Cesson-Sévigné.  
Elle retrouve son père, Sylvain Prunenec, sur le plateau en 2021 pour Comme chien, un spectacle librement inspiré de textes de l’auteur Mathieu Riboulet et qui lui est dédié.  
À FAR WEST, elle participe à de nombreux évènements, notamment auprès d’Anne- James Chaton tels que L’affaire La Pérouse ou le Beaudelaire Poetry Day pour un live retransmis dans le cadre du festival Extra ! au Centre Georges Pompidou. Elle propose régulièrement des lectures accompagnées de chants a capella autour de la littérature classique américaine.  

Crédits

Production : association du 48, Danse à tous les étages, La Commanderie de Saint-Quentin-En-Yvelines,  
Résidence de création chorégraphique menée au Domaine de Kerguéhennec – Département du Morbihan 
L’association du 48 est soutenue par la DRAC Île-de-France au titre du conventionnement et le Conseil Régional d’Île-de-France au titre de l’aide à la permanence artistique et culturelle. Sylvain Prunenec est artiste associé à Résodanse en Finistère. 

Photo : Ryan Kernoa